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D'un sein à l'autre

D'un sein à l'autre

Octobre rose vu par les artistes

À l'occasion d'Octobre rose, le musée se mobilise aux côtés du CHU de Lille pour informer et sensibiliser au dépistage du cancer du sein. Ce parcours de visite aborde la représentation du corps féminin.

Dans l’histoire de l’art, la représentation de la femme répond à des conventions artistiques qui varient selon le contexte historique, religieux, politique et artistique. De mère attendrie à femme fatale, l’interprétation de son iconographie évolue au fil des époques. La femme est sujet de représentation ou plutôt objet pourrait-on plutôt dire, puisque son image est modelée par le désir ou les projections de l’artiste sur elle.

Autant le reconnaître d'emblée : l'artiste auteur de ces œuvres est généralement un homme ! La représentation de la femme et de son corps est donc majoritairement traitée d’un point de vue masculin et ce,
presque jusqu’au 21ème siècle. Alors que les les femmes artistes, quant à elles, représentent davantage leurs consœurs…habillées !

Ce n’est donc pas la femme, dans toute sa complexité, qui nous est montrée à travers ces œuvres mais plutôt ce que l’artiste attend d'elle ou projette sur elle. La poitrine y occupe une place centrale dans une projection dichotomique : sa fonction biologique, maternelle d’un côté et son aspect sexuel de l’autre. Force est de constater que la représentation du sein, malgré les connaissances anatomiques que peuvent avoir les artistes après le Moyen Âge, est biaisée et davantage le reflet d’un fantasme que d’une réalité.

Dans un contexte euro centré et patriarcal, la femme est finalement assimilée, de manière réductrice, à l’objet et l’homme au créateur.

Pour commencer, intéressons-nous à L’Enfer de Dirk Bouts (1415 - 1475). L'artiste donne ici une vision plutôt réaliste du corps, comparativement aux autres œuvres du Moyen Âge. Il l'étudie et le représente de manière anatomique et en montrant aussi ce qui se trouve aussi sous le visible : le sang, les os, les veines…

Passons maintenant à la Judith de Lambert Sustris (1515/1520 - 1568). D'après le récit biblique, Judith use de ses atours pour séduire son ennemi Holopherne. Elle l’attire puis l’enivre afin de lui trancher la tête et ainsi libérer son peuple. Cet épisode violent n'empêche pas ici l'artiste de donner un peu de volupté à la scène !

Amaury-Duval (1808-1885) lui aussi sait jouer des codes de l'érotisme sous couvert d'un sujet mythologique cette fois-ci, avec sa Naissance de Vénus. Vénus-Aphrodite, déesse de l’Amour est la seule à être représentée complètement nue dans l’Antiquité. L’artiste fait comme son maître Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), il étire la silhouette de son modèle quitte à la déformer, avec un résultat plus esthétique que réaliste.

Avec l'Intérieur de Haremau Maroc  de Benjamin-Constant (1845-1902) faisons un saut en Orient. Les artistes ont de l’Orient une vision fantasmée, ce que contestera Lady Montaigu, une femme de diplomate anglaise. Elle entrera dans les harems et non, elle n’y verra pas de femmes dénudées, alanguies et dépoitraillées en attente du Sultan !

Enfin, dans ce Portrait de femme de Jan Anthonisz Ravesteyn (1570–1657), nous explorons la culture hollandaise du siècle d'or. Dans les Pays-Bas du Nord au 17ème siècle, la beauté de la femme réside dans son maintien, sa prestance et ses atours. De son sein, nous ne verrons rien, bien caché qu’il est dans les froufrous de ses dessous en dentelle !

Le livret imprimé comprenant 14 stations est disponible auprès de l'accueil du musée, sur simple demande (gratuit).

Téléchargez le parcours complet ici : 

 

Sélection d'oeuvres sur le parcours