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Blondes et brunes

Blondes et brunes

Toutes les femmes sont belles

Mère, muse, héroïne, figure de séduction, d’allégorie ou de tentation, la femme en art prend tour à tour ces différents visages. Qu’elle soit anonyme ou clairement identifiée, la figure représentée est très souvent un peu toutes les femmes à la fois. Prenons Marie-Madeleine par exemple. C’est un personnage biblique complexe, dont la légende et le rôle ont été diversement interprétés au fil des siècles. Elle est à la fois pécheresse et sainte, d’une beauté irrésistible et d’une dévotion infaillible. Ainsi, après avoir surmonté ses faiblesses et mis sa foi à rude épreuve, elle incarne à travers les siècles la beauté et l’amour mystique. Son destin individuel devient symbole de valeurs universelles.

Lorsqu’elle est anonyme, la femme est allégorie. De la beauté, comme la Vénus d’Amaury-Duval, trop lisse et trop parfaite pour être réelle, ou bien comme la Vanité d’Alfred Agache, qui nous défie de son regard fier. Non pas qu’elle soit elle-même vaniteuse, non, mais elle nous met en garde sur la fragilité de l’existence et le caractère éphémère des richesses terrestres.

Si elle n’est pas vaniteuse, la femme n’en reste pas moins coquette et elle aime briller en société ! Dans le Portrait de femme de Jan Anthonisz van Ravesteyn, la somptueuse fraise en dentelle est à elle seule un vrai bijou et un exercice de peinture de haute volée ! Cet accessoire constitue aussi un indice sur sa position sociale. Il s’agit d’un portrait d’apparat, dont étaient friande la haute bourgeoisie des Pays-Bas au XVIIe siècle. Le mystère reste par contre entier sur son identité… Tout comme celle de la jeune femme au chapeau noir, de Renoir, ou de cette autre femme volputueuse, accoudéeà une balustrade, quelque part en Italie, que Paul Ponce Robert a choisi de peindre au 18ème siècle.

Mais lorsque le modèle est clairement identifié, il nous révèle parfois un pan de l’histoire intime de l’artiste. C’est le cas pour le portrait de Marguerite Elisabeth de Largillierre, de Berthe Morisot à l’éventail de Manet, du Portrait de femme rousse signé Carolus-Duran, dont on sait qu’elle s’appelait Lilia, ou bien pour Olga au col de fourrure de Picasso. Comme souvent dans l’œuvre du maître espagnol, une histoire d’amour relie l’artiste à son modèle, ici Olga Khokhlova, une danseuse des ballets russes. Pourtant, ce portrait semble dénué d’émotion. La jeune femme est statufiée, comme pétrifiée dans la matière. La belle histoire d’amour battait alors de l’aile et l’artiste souffrait d’un éloignement sentimental qui a envahi sa peinture.

Figure maternelle, mythologique, biblique, muse ou maîtresse, la femme incarne a priori des valeurs et des émotions empreintes de douceur, de tendresse et de protection, mais il faut se méfier de l’eau qui dort (et des préjugés !) car elle est aussi la source de bien des tourments !

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